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Christophe Lasch, La révolte des élites

25 juin 2013 J'aime le livre
En Lybie, En Syrie ou encore en Irak, l'avènement des années 2000 a intensifié le projet des pays occidentaux visant à remplacer les dictatures par des démocraties. Une intention louable, si ce n'est que nos démocraties occidentales chéries sont elles-mêmes mises en danger. Non pas par une quelconque menace fasciste mais bien par nos élites. C'est en tous cas, une partie de la thèse défendue par Christopher Lasch, dans son essai : "La révolte des élites et la trahison de la démocratie".

LaRevolteDesEliteschamps-01La valeur d’une œuvre artistique se mesure souvent – pour ne pas dire toujours – avec le temps. L’histoire est ainsi riche de livres, tableaux et films négligés ou peu estimés en leur temps devenus des références incontournables des siècles après. Hormis leur pure qualité stylistique, ces œuvres – à l’image du vin- se bonifient avec l’âge par la richesse de leur corps. Le sens d’un combat, la vigueur d’une dénonciation ou encore la pertinence d’une analyse économique gravent le travail de Victor Hugo, Emile Zola et Karl Marx dans le marbre.

En occident où les décideurs préfèrent réagir plutôt qu’anticiper, Christopher Lasch, lui, a touché du doigt il y a vingt ans une problématique devenue centrale aujourd’hui : la trahison de la démocratie par les élites. Ultime ouvrage du sociologue américain décédé en 1994, l’auteur y dépeint le comportement des élites de son pays. Mais qui sont-elles ?

Elles sont très nombreuses et ne concernent pas uniquement le sommet d’un pouvoir politique. Christopher Lasch a en réalité très vite démasqué le phénomène « bobo » d’où proviennent ces nouvelles élites qui occupent l’espace public et médiatique. Jadis c’était les masses qui se révoltaient contre les élites, aujourd’hui c’est l’inverse et ces dernières régentent un nouvel ordre moral, loin, bien loin de la volonté du peuple. Une volonté qu’elles ne connaissent même plus puisque les élites vivent entre elles, dans un cercle idéologique très fermé. Que reste-t-il alors de la formule d’Abraham Lincoln : « La démocratie c’est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » ?

Cette déconnexion des élites avec le peuple, C.Lasch l’explique en partie par la migration de celles-ci. Le succès et la réussite passent aujourd’hui par l’international au risque de se couper totalement de la base de son peuple. « Mais pourquoi Diable, le peuple s’oppose-t-il au « Mariage pour tous », la Belgique, l 'Espagne, le Danemark l’a adopté ? » disent les élites. « Je ne suis pas né à Copenhague » répondra le Français du milieu qui n’a pas les moyens de vivre au- dessus des frontières.

Ces élites imposent de larges transformations sociétales comme le multiculturalisme (ou « melting pot ») au nom d’une idéologie globalisante au péril de la démocratie et d’une réalité qu’elles ne vivent pas. Elles ne se situent plus au sommet de la communauté nationale mais en dehors de celle-ci. Ces élites trahissent une démocratie, qui devient un système leur permettant d’imposer la modernité et l’enchainement de transformations sociales au détriment des traditions et de l’enracinement.
Cette œuvre-testament de l’américain est dérangeante, véritablement transgressive et deviendra un classique dans les années à venir. Peu évidente à aborder, certains passages très techniques impliquent une certaine connaissance philosophique ou économique. S’il y a certaines failles et non-dits par instant, ce livre est d’une pertinence remarquable, un grand travail de sociologue du visionnaire Christopher Lasch.

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