14décembre2017

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« Chérie, je vais à Charlie », de Maryse Wolinski

12 janvier 2016 J'aime le livre
Maryse Wolinski, veuve du caricaturiste Georges Wolinski, une des victimes de l’attaque des locaux du journal satirique Charlie Hebdo, raconte « son 7 janvier » en publiant son livre « Chérie, je vais à Charlie ».

Dès la préface, on ressent déjà l’émotion, l’incompréhension et la colère de son auteure « "Chérie, je vais à Charlie" : tels sont les derniers mots que Georges m’a lancés, en ce matin du 7 janvier. Trois heures plus tard, l’attentat fera douze morts. Parmi eux, Georges, frappé par quatre balles de Kalachnikov. Quarante-sept années de vie commune fracassées. J’oscille entre insomnies et cauchemars, sidération et déni, enfermement et colère, obsédée par cette question : comment une scène de guerre a-t-elle pu se produire, en France, dans les locaux d’un journal satirique ».

Comme un symbole, un an jour pour jour après, le livre est publié chez Seuil le 7 janvier 2016, pour nous faire partager la douleur de cette perte et les circonstances qui l’ont engendrée. On y perçoit le bonheur de leur vie à deux. Puis, le vide éprouvé depuis ce jour où son gendre, Arnaud, lui téléphone pour lui dire « Georges a été assassiné. Il est mort. »

Viennent alors tout naturellement les explications et les dénonciations.

Par ses recherches et les témoignages récoltés, Maryse Wolinski nous renseigne plus en détail sur l’attaque des Frères Kouachi et l’enchaînement précis des faits.

Egalement, elle démontre que la direction de l’hebdomadaire « n’hésitaient pas à faire dans la surenchère » au sujet des nombreuses caricatures religieuses « au nom de la liberté d’expression et de la défense de la laïcité ». Puis nous enseigne que « l’actualité consistait notamment à malmener le prophète Mahomet et ses adeptes jugés fanatiques, obscurantistes et dangereux », tout en soulignant les regrets de son époux concernant « l’ambiance rigolarde et fraternelle » passée.

Maryse Wolinski analyse aussi la situation du journal. Charlie Hebdo « n’avait sans doute plus d’avenir » avant ces tristes événements, aujourd’hui il « s’offre une directrice de la communication, star des stars de la com, celle qui avait sorti Dominique Strauss-Kahn du mauvais pas que l’on sait ».

De plus, « malgré les menaces » reçues, la protection du site a été atténuée à la demande du syndicat policier Alliance. Jean-Claude Delage, secrétaire général d’Alliance, se défend en estimant les dispositifs de surveillance statique « inefficaces et démotivants » et en encourageant les « patrouilles ».

L’auteure dénonce ainsi les nombreuses « failles dans la sécurité de Charlie Hebdo » et s’interroge alors : « Les autorités policières et les responsables du journal refusaient l’idée que nous étions déjà en guerre [...] Combien y a-t-il d’agents dormants dans notre pays ? »
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