20janvier2019

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Interview de Francis Guthleben, "l'auteur des situations extrêmes"

13 mars 2013 J'aime le livre
A l'occasion de la sortie de son livre « Enceint ! Journal d'un futur père » le 14 Mars, Francis Guthleben a accepté de répondre à nos questions. Son expérience de "futur papa" lui a fait se rendre compte du vide abyssal dans lequel se retrouve l'homme en période de grossesse. L'attente d'un enfant c'est d'abord une femme, une silhouette qui s'arrondit, des effets secondaires qui doivent être gérés par l'homme. L'homme, lui qui a souvent du mal à trouver sa place, doit apprendre à devenir père seul, discrètement, dans l'ombre de sa femme... Rencontre avec Francis Guthleben qui souhaite rendre sa place à l'homme "enceint". 

PortraitFrancisGuthlebenPouvez-vous vous présenter ?

« Enceint – Journal d’un futur père » est mon huitième livre. Le deuxième publié par les éditions Gawsewitch. Mes ouvrages sont l’expression d’interrogations sociétales et de préoccupations personnelles, avec toujours le désir de susciter des débats et de « faire bouger les lignes ».

L’écriture, un hobby ou un travail ?

L’écriture est pour moi ni un hobby, ni un travail, mais une nécessité vitale. Ecrire m’est aussi nécessaire que respirer. Régulièrement on me présente comme « l’auteur des situations extrêmes ». J’ai aussi l’habitude du dire que c’est au bord du précipice que se passent les plus belles choses.

Dans ma démarche d’auteur, je partage une pensée de Stéphane Hessel : « Créer c’est résister, Résister c’est créer ».
Mes livres sont donc aussi le reflet de mon cheminement personnel.

Vous mettez en avant le point de vue de l’homme confronté à la grossesse de sa compagne. Pourquoi ?

Il y a à la base mon trouble face à la grossesse, mes questionnements, mes doutes et mes élans sur la paternité.
Chaque année, 810 000 enfants naissent en France. Alors que les femmes vivent la grossesse dans leur chair, le poids social et culturel relèguent encore trop souvent les futurs pères dans le silence de leurs propres interrogations. Je souhaite donner une voix aux futurs pères et je rêve qu’ainsi les femmes comprennent mieux leurs maris ou conjoints. Le livre est un plaidoyer pour une meilleure communication au sein des couples pendant la grossesse.

Quel conseil donneriez-vous à un futur père ? A une future mère ?

J’ai appris l’histoire, la géographie, la littérature au collège et au lycée, plus tard j’ai appris un métier ; mais il n’y a rien dans cette société pour apprendre à être père ou mère.
J’invite les hommes à explorer leurs vies, leurs parcours, les émotions pour appréhender autrement la grossesse et leur paternité en devenir. La grossesse fait remonter à la surface ses traumas. Avant la venue de l’enfant, il est plus que nécessaire de les comprendre, de les intégrer pour ne pas les faire porter au bébé qui va naître. « Enceint » est aussi une manière de dire aux hommes : « Ne laisse pas ton passé te voler ton présent ».
Je souhaite montrer aux femmes à quel point les hommes peuvent être sensibles, fragiles, vulnérables et à quel point ils ont besoin d’être intégrés dans le processus de la grossesse. Derrière des carapaces ou des dehors affables, il y a chez les hommes des faiblesses, des failles à regarder et à partager.
Je souhaite également encourager les hommes et les femmes a être solidaires dans cette aventure qu’est la grossesse, car ils vivent trop souvent les événements chacun de leur côté.

NOS 5 QUESTIONS "ENFANCE ET LITTERATURE"

Quel est ou quels sont le(s) premier(s) livre(s) que vous avez lu(s) ?

Je suis issu d’un milieu modeste, où le travail manuel était une priorité et la lecture considérée comme une perte de temps. Lire était donc pour moi d’emblée un acte de résistance. C’est ma grand-mère qui m’a offert les premiers livres, ceux de Johanna Spiry consacrés à Heidi. Avec Heidi je m’évadais, m’élevais et me réfugiais dans les montagnes loin des tourments et des souffrances.

Vous souvenez-vous de votre premier émoi littéraire ?

Après Heidi, j’ai lu les œuvres complètes d’Albert Schweitzer, premier médecin du monde, Prix Nobel de la Paix en 1952 et dont on fête cette année le centième anniversaire de son départ au Gabon pour y fonder un hôpital pour les lépreux. J’ai lu ses livres, à la lumière d’une lampe de poche, sous les couvertures, alors qu’on me sommait de dormir. Dans l’un de ses livres, Schweitzer a développé son éthique du respect de la vie. Il concevait cette notion comme le pari que l’harmonie peut l’emporter sur la discorde et que l’engagement individuel peut diminuer les discordances et accroître l’harmonie. Cette éthique de Schweitzer me fascinait à l’âge de 12 ans déjà.

Quel livre avez-vous préféré étudier à l’école ?

Spontanément me revient le souvenir du « Bonheur des Dames » d’Emile Zola, le onzième volume de la suite romanesque des Rougon-Macquart. Je me souviens que je devais en finir la lecture et l’étude pendant les vacances de Noël. Je n’avais pas envie que le livre se termine. Arrivé aux cinquante dernières pages je lisais au ralenti, je dégustais chaque phrase pour ne pas sortir de cet univers.

Quel livre vous a le plus ennuyé étant enfant ?

Je crois que j’ai aimé tout ce que j’ai lu, même les difficiles textes du Moyen-Âge. Là où des camarades de l’école primaire, du collège ou même du lycée pestaient contre certaines lectures imposées, moi j’y trouvais une satisfaction. La lecture a toujours été pour moi une double source de connaissances et d’évasions. A partir de mes quatorze ans j’attendais avec impatience le vendredi soir pour regarder Apostrophes. C’était le meilleur moment de la semaine.

Quel livre offririez-vous à un enfant aujourd’hui ?

Je lui offrirai n’importe quel livre, dès lors qu’il permet d’accéder à l’histoire et aux arts. Les maisons d’éditions font un travail remarquable pour rendre ces domaines accessibles aux enfants de tous âges, de surcroît bien souvent de manière ludique. Elles ont su adapter leurs productions à l’évolution de la société française et aux nouvelles habitudes de lecture. Il me semble essentiel, j’ai presque envie de dire vital, pour leur évolution intellectuelle et psychologique, que les enfants aient accès aux livres, qu’ils construisent leur imaginaire à partir de textes écrits, loin de l’omniprésence des images de nos différents écrans.


couv-enceintOK« Enceint ! Journal d'un futur père », Francis Guthleben, Editions Jean-Claude Gawsewitch. 
PARUTION LE 14 MARS 2013

Un espace de partage de réflexions et d’expériences est accessible depuis le site de l’auteur : www.guthleben.com
Une chaine vidéo dédiée à « Enceint – Journal d’un futur père » a été créée sur YouTube. On y trouve notamment trois bandes-annonces et divers films sur la grossesse.
http://www.youtube.com/user/EnceintGawsewitch?feature=watch

Merci à Francis Guthleben d'avoir répondu à nos questions !





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