21août2017

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La bibliothérapie et les vertus de la lecture

27 juillet 2016 Marine J'aime le livre
La littérature, perçue comme vecteur d’empathie depuis 5000 ans, retrouve peu à peu une nouvelle vie et remet les livres au centre de l’attention avec la bibliothérapie. Elle représente l’approche curative de la lecture qui s’appuie sur des recommandations littéraires à la place de prescriptions médicamenteuses. Beaucoup d’études s’intéressent de plus en plus à ce phénomène et à l’incidence des livres sur la psyché.

Née dans les pays anglo-saxons, cette discipline considérée comme paramédicale progresse en France timidement et suscite même des vocations pour certains.

En bons praticiens, ce sont avant tout les bibliothécaires et les libraires qui se chargent de conseiller les patients sur leurs lectures.
Mais pas seulement puisqu’un lecteur avisé peut être plus objectif et avoir une approche plus adaptée après s’être imprégné de l’histoire et des besoins du patient. En effet, cette discipline tend surtout à faire correspondre des livres avec des gens, selon les situations particulières auxquelles ils sont confrontés.

Les idées de ces « bibliothérapeutes » rejoignent l’étude Trends in Cognitive Sciences du professeur émérite Keith Oatley de l’université de Toronto qui oeuvrent à tisser des liens entre la fiction et l’empathie.
C’est une communication indirecte qui enrichit le quotient émotionnel par une simulation frictionnel plus ou moins forte selon les cas.

« À la lecture d’un extrait de littérature artistique, les gens ont tendance à éprouver des émotions, mais pas celles des personnages littéraires, qui sont des êtres abstraits. Les émotions sont celles des lecteurs, pris dans la simulation qu’ils sont en train de vivre. Par contraste, quand les gens lisent ou entendent des récits construits pour persuader, leurs sentiments et conclusions tendent à être celles avancées par l’auteur », relève l’étude.

Son auteur constate que l’un « des changements politiques les plus marquants de 5000 dernières années » est la croissance mondiale de l’empathie et affirme que « l’une de ses conséquences a été la reconnaissance des droits d’autrui, même lorsque ces autres appartiennent à des cultures différentes ».

Ce pouvoir de la lecture est bien présent avec la saga Harry Potter puisque son univers empli de personnages diminués et accablés amène le lecteur à s’identifier à eux et à se trouver des affinités avec eux. Il partagera donc leur souffrance et sera plus tolérant à l’égard des autres. D’ailleurs, une étude de psychologues admet que ces livres ont des vertus de lutte contre la mélancolie et l’exclusion.

La chercheur va plus loin encore en expliquant que « Le dialogue avec la fiction est fondamentalement utile pour nous permettre de nous comprendre les uns les autres, en tant qu’êtres humains. Ceci devient, peut-être, aussi important que tout sujet dans l’ingénierie ou l’économie ». Il affirme dans ce sens qu’ « Une œuvre de fiction est un morceau de conscience qui peut passer d’un esprit à l’autre, et que le lecteur peut s’appliquer à lui-même ».

La relation étroite que le lecteur va tisser avec les héros de son livre va lui permettre de surmonter les coups durs de sa vie personnelle ou d’interpréter certains de ses agissements, ainsi que ceux d’autrui, jusqu’à (mieux) se comprendre lui-même.

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© freepik

Écrit par  Marine

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