20janvier2019

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Marcela Iacub livre un roman sans intérêt nuisant un peu plus à la littérature.


BelleEtBete couvLa justice intervient rarement en littérature. Et on la remercie. On la remercie d’avoir compris qu’en art, elle a des goûts de chiotte (seule raison pour condamner Flaubert et Baudelaire). On la remercie de ne pas condamner les relations - trop - bienveillantes de Aue pour sa soeur, les pérégrinations sanglantes de Patrick Bateman ou l’appétence pédophile du faune Humbert Humbert envers la nymphette Lolita. En d’autres termes, on la bénit d’avoir changé à un point tel qu’elle finit, par son laxisme, à pencher du bon côté. Du moins, ce fut le cas jusqu’à récemment. En réalité, jusqu’à la parution du titre de Marcela Iacub, Belle et Bête. Grâce à l’originalité de son style, cette dernière est parvenue à rendre les juges assez compétents pour donner un avis critique sur une oeuvre de fiction. Enfin ! Disons plutôt d’une oeuvre... ou d’un roman...  non ! D’une confusion ! Voilà ! Une confusion ! Une immense confusion entre Closer, Ici Paris et la littérature. C’est ça ! Macela Iacub a créé une fiction nouvelle, la littérature à sensation.

Avec cette littérature, les règles se distinguent. Dans un livre normal, la matière avec laquelle est produite l’objet est biodégradable. En revanche, dans celui de Iacub, le fond est déjà assez dégradé pour pouvoir dire, dès sa parution, que nous assistons à un texte écologique : sans profondeur, sans particularité, sans pensée littéraire. C’est un texte qui ne pollue ni le cerveau, ni les yeux. Néanmoins, si on reste honnête, on se doit d’avouer qu’il a un effet assez néfaste sur le paysage intellectuel et littéraire français. Raconter, sous un air de niaise sortie du couvent, une relation adultérine avec un homme d’influence qui ne s’est pas vraiment déroulée comme elle est narrée, mais qui s’est tout de même déroulée ne concerne pas la littérature, mais les très bons psychanalystes parisiens qui, certes, ne vous paient pas, mais vous soignent.

Après ce coup d’éclat, Iacub entraîne dans sa détresse toutes les aspirations du roman français. L’autofiction est arrivée à sa limite. Soudain, elle n’est plus considérée comme procédé imaginaire. Le voile s’est soulevé parce qu’il était trop près d’un vent égoïste. A force de frôler avec les limites du narcissisme, la littérature subit des travers dangereux, ceux dictés par l’avidité du marché et de la vente à tout prix. Stock remballe le roman aux oubliettes. Il lui dit adieu en même temps qu’à Jean-Marc Roberts. Heureusement que certains veillent à son fonctionnement. Regrettons que ce soit la justice.

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